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Réintroduction du braconnage des éléphants au Botswana, quel rôle avons-nous à jouer ?

Intro.

Vous travaillez dans votre bureau dans le monde occidental. Un jour, vous apercevez une souris courir partout dans les bureaux. Quelle est votre réaction ? Personnellement, je crois que la majorité d’entre nous appellerait immédiatement quelqu’un pour l’enlever. Mais pourquoi ? Après tout, la souris n’est pas dangereuse et n’a aucun impact sur votre gagne-pain. Mais on l’enlèvera quand même. 

Imaginez maintenant un animal beaucoup plus gros, détruisant sans le savoir votre gagne-pain et blessant potentiellement vos proches. En même temps, de nombreuses personnes passent par votre ville pour observer et s’émerveiller devant ces énormes animaux qui représentent un grand danger pour votre vie quotidienne. De plus, ils dépensent énormément d’argent pour le faire. De l’argent que vous ne verrez jamais. En fin de compte, on se retrouve dans une situation où l’on est perdant dans tous les cas.

Qu’est-ce que vous faites ?


Le but de cette petite introduction était de donner un bref aperçu de l’état actuel de la faune sauvage et des conflits entre les populations locales dans le monde entier. Un argument sur lequel, par exemple, la récente décision de réintroduire la chasse à l’éléphant au Botswana a été avancée. Grâce aux merveilleuses occasions que j’ai eu de voir la faune dans son habitat naturel, je me suis senti obligé d’écrire mon point de vue sur ce sujet.

Tout d’abord, les choses ne sont jamais aussi faciles qu’elles paraissent. Réintroduire la chasse d’une espèce en grave danger d’extinction est une erreur, nous sommes probablement tous d’accord là-dessus. Néanmoins, pour changer le cours actuel des choses, prévenir de futures décisions comme celle-ci et préserver les éléphants et bien d’autres espèces extraordinaires, nous devons comprendre d’où vient cette tension et c’est là que ça se complique.

One Second-Réintroduction de la chasse aux éléphants au Botswana- quel rôle jouons nous?-combat éléphants mâles

Situation actuelle

Plongeons dans la situation actuelle du Botswana car rester à la surface en jugeant l’action finale (réintroduction de la chasse à l’éléphant) ne nous mène nulle part. Pendant de nombreuses années, le Botswana a été considéré comme un modèle de tourisme durable et est devenu l’un des derniers bastions de la nature.

La raison en est que, contrairement à de nombreux autres pays africains, les parcs nationaux du Botswana ne sont pas clôturés, de sorte que les animaux sauvages peuvent errer dans tout le pays. En outre, le pays a réussi à réduire le braconnage illégal et le commerce des espèces sauvages. Ceci, combiné à la situation géographique du système fluvial de l’Okavango, a créé un havre de paix pour une grande partie de la faune, en particulier les éléphants. 

Selon le dernier comptage en 2014, la population d’éléphants au Botswana est d’environ 130 000, ce qui représente environ un tiers de la population totale d’éléphants en Afrique.

Selon le dernier comptage en 2014, la population d’éléphants au Botswana est d’environ 130 000, ce qui représente environ un tiers de la population totale d’éléphants en Afrique.

Les statistiques soulignent l’importance du Botswana en tant que pilier en matière de conservation des éléphants et de la faune sauvage. Essayons donc de démêler un peu les problèmes qui se posent.


Pourquoi les éléphants ?

Les éléphants ne sont pas seulement des animaux fascinants et majestueux, il s’agit également d’une de ces espèces que les scientifiques appellent espèces clés. Ceci est dû à l’impact positif que les éléphants ont sur leur environnement , mais encore plus par leur statut culturel dans notre monde. En fait, un seul éléphant génère à lui seul une valeur de 1,6 million de dollars US pour les économies locales, les compagnies de voyage et les compagnies aériennes, dans leur vie. D’autre part, la chasse légale des éléphants et la vente de leur ivoire ne crée que 100 000 dollars US, rendant les éléphants, même économiquement beaucoup plus précieux vivants que morts.  

En fait, un seul éléphant génère à lui seul une valeur de 1,6 million de dollars US pour les économies locales, les compagnies de voyage et les compagnies aériennes, dans leur vie.

Tout le monde aime les éléphants, ce qui motive beaucoup de personnes (comme moi) à voyager en Afrique, afin de les voir dans leur habitat naturel. Les éléphants font partie de ces espèces que tout le monde veut voir, ce qui permet à d’autres espèces plus petites ou moins attirantes de prospérer également grâce à la protection de leur habitat. C’est pourquoi la dépopulation des éléphants pourrait déclencher une réaction en chaîne de distinction de la faune dans la zone où les éléphants disparaissent. Le gros problème est que les éléphants disparaissent actuellement à une vitesse fulgurante. Au cours des 7 dernières années, nous avons déjà perdu 30% de leur population. Les principales raisons sont le braconnage illégal, la destruction de leur habitat et les conflits humains.

La première raison est largement couverte dans le paysage médiatique occidental et c’est pourquoi, dans cet article, je me concentrerai sur les deux autres problèmes. Cependant, si vous êtes intéressé par le braconnage illégal d’éléphants, je vous recommande vivement le documentaire Netflix.


Destruction de l’habitat

Il y a de fortes chances que vous lisiez actuellement cet article dans votre appartement, bureau, au restaurant, etc. dans le monde occidental; dans quelle mesure pensez-vous que nous avons bien géré la conservation de la nature dans le passé ? La chose qui m’ennuie le plus dans ce débat c’est que nous ne sommes malheureusement pas en mesure de juger les autres nations sur leur interaction avec Dame Nature. Après tout, à quel point la vraie nature sauvage reste-t-elle encore là où vous êtes ? La plupart des forêts naturelles sont abattues au cours du processus de croissance économique et la plupart des espèces sauvages ont disparu.

Tout récemment, l’Allemagne, mon pays d’origine, a eu un débat acharné sur la croissance de la population de loups et sur la manière de la gérer à l’avenir, car les conflits ont apparemment augmenté. Pour mettre cela dans la perspective de la population de la faune sauvage du Botswana, nous parlons d’une population de 800 loups dans l’un des pays les plus riches du monde.

Si nous n’arrivons pas à préserver la faune, comment juger les autres ? Cela ne signifie pas pour autant que le monde occidental ne peut pas aider les pays africains, en partageant leurs erreurs passées ainsi que leurs ressources et leurs esprits, afin que la faune et la perte d’habitat soient minimisées sur le continent africain.

C’est absolument nécessaire parce que le continent africain est la région qui connaît actuellement la plus forte croissance démographique du monde entier. La survie des éléphants et d’autres espèces sauvages d’Afrique est involontairement liée à la façon dont les gouvernements africains parviendront à améliorer le niveau de vie d’une population croissante, tout en gardant l’un des derniers endroits sauvages de la planète.

La survie des éléphants et d’autres espèces sauvages d’Afrique est involontairement liée à la façon dont les gouvernements africains parviendront à améliorer le niveau de vie d’une population croissante, tout en gardant l’un des derniers endroits sauvages de la planète.

Beaucoup de pays africains luttent actuellement pour trouver le bon équilibre (qui est fortement basé sur l’emprise historique et économique du monde occidental, mais je n’aborde pas ce sujet pour le moment), ce qui est l’une des raisons pour lesquelles de nos jours on trouve tant d’éléphants au Botswana.

17% du pays sont des parcs nationaux ou des réserves de chasse privées (en Allemagne, environ moins de 4%), créant ainsi un havre de paix pour les éléphants de cette région dont le besoin se fait cruellement sentir. Ce statut, cependant, crée des points de conflits, ce qui m’amène au deuxième grand problème.

Conflits entre l’homme et la faune

En raison de leur taille et de leur apport calorique, les éléphants peuvent difficilement être comparés à des souris, comme nous avons parlé au début de cet article. De nombreux conflits surgissent autour des éléphants qui détruisent les cultures ou blessent les gens lorsqu’ils se promènent dans les zones peuplées par l’homme. Il est donc crucial de prendre ces interactions au sérieux et de faire preuve d’empathie envers ceux qui partagent des points de contact quotidiens avec ces animaux.

Selon moi, le problème de fond de l’ensemble du débat n’est pas le conflit entre l’homme et la faune sauvage, mais plutôt un débat d’inégalité, les éléphants sont uniquement l’incarnation du problème, voici pourquoi.

Actuellement, 80% des voyages vendus à l’Afrique sont dus à la faune unique de la région (ce qui en fait le segment le plus important), ce qui est une bonne nouvelle car cela montre que la faune est effectivement intéressante à voir. Néanmoins, cet argent qui se crée au cours du voyage de ces visiteurs arrive rarement dans les communautés locales qui entourent ces parcs nationaux et réserves de chasse.

Actuellement, 80% des voyages vendus à l’Afrique sont dus à la faune unique de la région (ce qui en fait le segment le plus important), ce qui est une bonne nouvelle car cela montre que la faune est effectivement intéressante à voir.

Cela crée une sorte de double punition, parce que les populations locales doivent supporter l’intégralité des coûts de la faune sauvage, qui dans leur situation est très grave, tout en n’en tirant aucun profit ou pas assez pour en bénéficier dans leur quartier.

One Second-Réintroduction de la chasse aux éléphants au Botswana- quel rôle jouons nous?-Eléphant en train de se rafraîchir

Alors que pouvons-nous faire ? 

Je doute fortement qu’un boycott du Botswana, comme je l’ai lu à quelques reprises, soit le bon choix dans cette discussion. Pour être honnête, je pense que c’est le contraire. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons nous rendre dans des pays comme le Botswana, qui dépendent fortement du tourisme pour leur montrer que les gens se soucient des animaux et que leur valeur est bien plus grande quand ils sont en vie. Sinon, le pays sera envahi par des chasseurs qui n’attendent qu’une seule chose : tuer des éléphants; leur donnant même maintenant une justification sociale pour se prendre pour des héros.

Cependant, pour rompre cette spirale, nous devons commencer à voyager différemment, surtout en Afrique. Nous devons commencer à voyager d’une manière qui non seulement vous sert, mais qui améliore aussi la vie des communautés locales et de la faune, qui partagent un lieu de vie commun. Si vous avez la chance de planifier votre prochain voyage en Afrique, essayez de garder cela à l’esprit.

Voici quelques conseils sur ce que vous pouvez faire pour vous en assurer :

  • Si vous n’aimez pas planifier le voyage par vous-même, faites appel à une agence locale. Ils ont de meilleurs moyens pour vous offrir une expérience plus riche, mais ils connaissent aussi les meilleurs partenaires locaux pour s’assurer que le plus d’argent possible reste dans le pays (Evaneos, par exemple, a un grand réseau d’agences locales).
  • Lorsque vous réservez les hébergements, demandez ou vérifiez s’ils appartiennent à des communautés locales ou du moins s’ils sont gérés par des communautés locales ou combien de locaux y travaillent. Il y a des auberges et des parcs nationaux qui embauchent principalement des gens de la région comme guides, cuisiniers, réceptionnistes, etc. tout en créant l’infrastructure locale qui peut aider à améliorer la situation pour la prochaine génération. (Si vous avez la chance d’aller au Bostwana, nous vous recommendons de passer une nuit à Elephants Sands)
  • De même pour votre organisateur de safari, posez des questions sur l’origine des guides et si l’entreprise a des lignes directrices sur l’observation respectueuse de la faune, ce n’est que si la demande pour des pratiques durables augmente que les entreprises adopteront des pratiques plus locales et respectueuses de l’environnement.
  • En parlant d’observation de la faune, vérifiez pendant votre safari si le guide garde une distance respectueuse avec ces animaux sauvages. Une simple règle générale, si l’animal change de comportement ou de direction, c’est que vous êtes trop près. Aussi, profitez de l’occasion pour poser un maximum de questions, ainsi vous reviendrez tel une encyclopédie d’animaux ambulante et guerrier pour la survie de la faune.
  • Avant de visiter le parc national, il est conseillé de dépenser son argent dans les environs plutôt que dans le parc, en achetant des souvenirs, de la nourriture, de l’art ou d’autres services pour soutenir l’économie locale. Même si les prix peuvent être plus élevés, vous aurez un impact positif beaucoup plus important ici.
  • Enfin, vous pouvez toujours trouver des ONG locales qui luttent continuellement pour la protection de la faune africaine. Je fais par exemple des dons mensuels à l’African Wildlife Foundation, mais il y en a aussi des plus petites et locales comme Elephant Without Borders.
  • Si vous voulez trouver des conseils pour voyager de façon plus durable, vous pouvez en trouver ici.

Conclusion

En résumé, nous estimons qu’il faut indemniser la population locale pour les coûts qui en découlent, en partageant une terre avec la faune. En outre, augmentez les avantages pour eux, afin qu’ils comprennent qu’il est dans leur intérêt de s’efforcer de protéger la faune. Tant les gouvernements que les voyageurs peuvent soutenir le Botswana et de nombreux autres pays africains qui seront sur ce chemin difficile dans le futur.

En conclusion, cela peut être assez facile, mais seulement si nous choisissons de le faire. Nous devons commencer à valoriser la nature de la même façon que nous valorisons nos valeurs humaines. Si nous parvenons à collecter plus d’un milliard d’euros en 24 heures pour reconstruire un bâtiment emblématique, nous pouvons certainement faire de même avec la nature.

Planter des arbres et agrandir les habitats nous aidera non seulement à lutter contre le réchauffement climatique, mais aussi à préserver les dernières forteresses naturelles, ces endroits où nous pouvons nous éloigner de notre routine quotidienne dictée par la technologie. Nous devons commencer à considérer la faune comme un patrimoine, autant que nous le faisons avec nos propres cultures, bâtiments, etc. La plus grande partie de la vie qui erre sur la terre était là avant nous, alors essayons de commencer à cohabiter avec eux pour les années à venir.


Que pensez-vous de ce sujet difficile ? Nous aimerions connaître votre opinion à ce sujet ! Cet article est basé sur mon opinion personnelle et cela ne me dérange pas du tout d’en débattre. Alors commençons à parler et à préserver ce que nous aimons.

Oliver One Second Author
écrit par Oliver

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